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La dépression post-partum: à quand un réveil des masses?

Par Marie Libion, Ohana, Coach périnatale et Doula. (étudiante à la faculté Doula)

Tôt ce matin, en ouvrant Facebook (on passera sur mon addiction au téléphone), la toute première publication de mon fil d’actualité est un article avec témoignages de « La maison des maternelles ».

« J’étais tellement fatiguée que je commençais ma journée en pleurant »

Le ton est donné. Il s’agit d’un article sur la dépression post-partum. Il couple le témoignage d’une maman et les explications d’une psychiatre. Jusque-là, et c’est peut-être le plus dramatique au fond, rien de neuf. Dommage. On renvoie vers des professionnels et on attire un peu l’attention sur le danger… Voilà.

Je ne cache pas que j’en attendais probablement davantage.

Là où je suis vraiment interpelée c’est lorsque se déroulent, sous la publication, plus de 220 commentaires…Et là c’est festival (ils n’ont pas été interdits d’ailleurs ?) Il y a de tout. De la bienveillance, de la bêtise pure, de l’ignorance, du manque de considération, de la gentillesse… Aussi. Heureusement. Mais ce qui fait extrêmement peur, c’est de lire le désespoir si profond de jeunes mamans au bout du rouleau, refusant de chercher de l’aide parce que la seule fois où elles ont essayé, elles n’ont pas été aidées. Ces mamans qui n’ont même plus l’énergie de demander ce soutien auquel elles ont droit, dont elles ont tant besoin. Je souffre peut-être du syndrome de la sauveuse, mais moi j’ai envie de traverser l’écran pour leur faire un câlin et pour chercher avec elles des solutions afin de les empêcher de couler.

Hélas, je peux le vouloir fort et de tout mon cœur, essayer et essayer encore, non, l’écran ne me laissera pas passer (et pour une fois cela n’a rien à voir avec la taille de mon postérieur). Non on ne peut pas aider tout le monde, non on ne peut pas aider celles qui ne le souhaitent pas (ou plus).

Mais alors on s’arrête là ?

En fonction du lieu où les études ont été menées, les statistiques annoncent qu’entre 7 et 20% des femmes qui accouchent font une dépression post-partum. 1 à 2 FEMMES SUR 10 !!!!

 

Allo les gens ?

Il y a quelqu’un ?

On recommence ! 1 à 2 FEMMES SUR 10. Mais vous réalisez ? Donc si je fais un petit point d’horizon facile et évident, je compte mes amies proches qui ont eu un enfant. J’arrive à 12. Et là je m’interroge. Oui, l’une d’elle a fait une dépression post-partum. Je le sais. Elle me l’a dit. Et nous, son entourage, nous n’avons rien vu. Nous n’avons pas réalisé à quel point elle était épuisée. Et je n’ai pas de mot… (c’est rare, faites un vœu)

Aujourd’hui, je suis Doula et Coach périnatale. Je suis sensibilisée à la cause. Je suis éveillée aux symptômes… Et aujourd’hui, en sachant ce que je sais je me dis « mais comment peut-on foirer à ce point ? » Comment un système conçu par des gens ayant (à priori) un cerveau et pour la plupart une conscience humaine (no comment) n’a pas encore fait en sorte que la dépression post-partum soit anecdotique !? Comment se fait-il qu’à l’heure actuelle, avec études et statistiques à l’appui, en ayant la possibilité d’apprendre, de s’informer, autant de femmes s’enfoncent encore profondément dans la dépression ?! Mais où est la prévention ? Mais quand va-t-on responsabiliser officiellement le partenaire en lui apprenant à reconnaître les signes et à prévenir l’aggravation des symptômes ? Et que fait-on pour le soutenir le cas échéant ? Faisons un petit bilan sommaire : lorsqu’une femme est enceinte, elle est tout de même suivie par un ou plusieurs professionnels ! Au minimum un.e gynécologue ou un.e sage-femme ! Quand aborde-t-on la possibilité d’une dépression post-partum dans un suivi classique (je parle ici sans préparation à la naissance ou accompagnement non-médical) ? Quand explique-t-on aux partenaires qu’ils doivent être vigilants et veiller pour la sécurité de la maman même après la naissance ? Je dirais que la réponse à cette question se situe pile entre jamais et peut-être une fois. Et cela me met en colère.

Lorsque nous réalisons un accompagnement, nous prenons soin d’une maman, de son ou sa partenaire et de leur parentalité en devenir. Il semble aujourd’hui urgentissime de parler vrai et de les confronter à une réalité future à laquelle ils doivent être préparés. Je suis profondément convaincue qu’avec un vrai suivi, qui encourage le partenaire à bien se positionner dans son rôle de co-parents mais aussi et surtout dans son rôle de gardien de la sécurité de la maman, nous pourrions faire diminuer les dépressions post-partum et/ou en limiter la gravité.

Après avoir lu tous ces commentaires et réflexions, je suis encore plus convaincue de la nécessité pour les futurs parents d’être soutenus dans cette nouvelle page de leur histoire, de recevoir des clés pour s’alléger la vie. Et si vous doutez encore, je vous conseille d’aller écouter le podcast « Histoires de Darons : Nathanaël » où un papa raconte la descente aux enfers de sa femme, son désarroi de n’avoir pas réalisé la gravité de la situation avant le clash et la difficulté de se retrouver à devoir tout gérer seul du jour au lendemain.

Et vous qu’en pensez-vous ? Et si on en parlait ?

Marie

 

Pour écouter le podcast : https://www.youtube.com/watch?v=sBESLg_cDqU

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