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La PMA m’a marquée au fer rouge

La PMA m'a marquée au fer rouge

J’ai eu recours à la PMA deux fois. Grâce à elle, j’ai eu une petite fille en 2014 et un petit garçon en 2019. Même si cela est maintenant derrière moi, je reste marquée au fer rouge par ces parcours, encore aujourd’hui.

Depuis 3 ans, maintenant, notre famille est au complet après de nombreuses batailles.

Plus de 6 ans de combat en tout.

6 ans durant lesquels il y a eu :

  • des questions, des doutes, des échecs, des pleurs ;  
  • de la remise à niveau quant à mes connaissances de l’anatomie féminine. D’ailleurs, il serait utile de compléter les informations données aux adolescent.e.s (loin d’être complètes au début des années 2000). Cela éviterait qu’on dise à une femme en PMA « mais si, je te jure, j’ai une amie qui est tombée enceinte alors qu’elle n’ovule pas ». Non, c’est scientifiquement impossible de tomber enceinte sans ovulation, elle a obligatoirement ovulé ;
  • des examens médicaux en tout genre (pour monsieur et madame), quelquefois douloureux et au nom barbare (hystérosalpingographie par exemple); 
  • un diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (communément appelé SOPK)
  • des aller-retours dans plusieurs hôpitaux (parfois à plus de 2h de voiture de la maison) ;
  • des rencontres avec de supers médecins (et des moins bons) ; 
  • des dizaines d’infirmières pour les innombrables prises de sang ou les piqûres quotidiennes dans le ventre à la maison (et les hématomes qui les accompagnent) ;
  • des échographies endovaginales tellement nombreuses que je ne peux plus les compter et, surtout, j’ai pris l’habitude de me déshabiller devant n’importe quel médecin (au revoir la pudeur) ;
  • 4 inséminations (toutes pour bébé 1) ;
  • 1 fausse-couche et un curetage («au moins, vous savez que ça fonctionne », « vaut mieux maintenant que plus tard », « ce n’était pas vraiment un bébé », sérieusement ? Quand est-ce qu’on arrêtera de dire ces phrases aux mamans endeuillées après l’arrêt de leur grossesse ?) ;
  • 4 FIV (dont 3 pour bébé 2);
  • des effets secondaires dus aux tonnes d’hormones que j’ai prises (sueurs nocturnes, prise de poids, sautes d’humeur, douleurs diverses, maux de tête…);
  • des seringues vides qui s’accumulent dans une poubelle à déchets médicaux ;
  • des anesthésies générales (et une hypnosédation) pour les ponctions d’ovocytes ;
  • énormément de patience et des attentes interminables. Attendre le premier jour du traitement, attendre le coup de téléphone à midi pour savoir si je le continue ou pas, attendre le jour de la ponction, attendre après celle-ci pour savoir combien d’ovocytes ont été prélevés, attendre le lendemain pour savoir si on a des embryons, attendre le jour du transfert, attendre le jour de la prise de sang pour savoir si c’est positif ou négatif;
  • des arrêts maladies pour les FIV. En effet, le travail ne comprend pas que je sois autant absente et que « tu pourrais faire un effort quand même, c’est difficile de trouver une remplaçante »;
  • beaucoup d’argent dépensé dans les tests de grossesse qui, pour la quasi-majorité, finissent à la poubelle car ils sont négatifs ;
  • des montagnes russes émotionnelles. J’ai vacillé constamment entre l’espoir que ça fonctionne enfin et l’angoisse de devoir tout recommencer ;
  • de l’écoute, parfois extrême, de mon corps. Tiens, j’ai un petit peu mal au sein droit, est-ce que ça veut dire que je suis enceinte ? Je sens un petit tiraillement dans le bas du ventre, peut-être que bébé s’est installé finalement ? J’ai la nausée, est-ce un symptôme de grossesse ?;
  • des tonnes de phrases se voulant parfois bienveillantes ou drôle mais qui ne le sont pas du tout. En voici un florilège :  « arrête d’y penser, c’est dans ta tête », « j’ai la copine de ma cousine, elle est partie en vacances et elle est tombée enceinte là-bas », « vous voulez qu’on vous donne le mode d’emploi ? », « et alors, c’est pour quand le bébé ? », « et alors, c’est pour quand le 2ème ? », « vous êtes jeunes, vous avez le temps », « moi ça fait 3 mois que j’essaie, ça ne marche pas, ça me démoralise », « je n’en peux plus de mes enfants », « profitez tant que vous n’êtes que tous les deux »…;
  • des envies de tout envoyer balader, se dire qu’on ne sera jamais parents;
  • des faux sourires quand on me demande comment je vais;
  • de l’amertume quand je vois les filles de mon entourage m’annoncer leur grossesse puis avoir leur bébé dans les bras. On se demande quand notre tour viendra ;

Puis, un jour, la vie s’accroche au creux de moi.

Je commence à revoir la lumière, mais nous restons prudents. Nous nous posons dix mille questions, nous avons peur que tout s’arrête du jour au lendemain, nous avons peur de (re)perdre ce bonheur encore si fragile. Mais, nous nous donnons le droit d’être heureux aussi, nous avons droit à ce bonheur. Finalement, nous avons la plus belle récompense qui soit : un enfant qui fait de nous des parents. Ses parents. Si c’était à refaire, je signerais tout de suite, car la récompense est tellement belle.

L’infertilité est souvent prise à la légère par l’entourage à cause d’un manque d’information. J’ai été dans ce manque d’information, car dès le collège, on nous répète sans cesse qu’il faut se protéger, parce qu’on peut tomber enceinte dès le premier rapport (ça peut arriver en effet, mais c’est loin d’être la majorité des cas). Par conséquent, on pense que c’est hyper rapide de tomber enceinte (la bonne blague !) Pour moi, au début, infertilité et stérilité, c’était la même chose. Alors que pas du tout ! Quand on est stérile, on ne peut pas du tout tomber enceinte. Quand on est infertile, on peut être enceinte, mais soyons réalistes, ça va être compliqué. J’avais déjà entendu parler de bébé éprouvette, mais je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres (encore une bonne blague !)

Les deux parcours du combattant qu’on a mené pour avoir la récompense ultime, un enfant, restent ancrés en moi. J’en suis persuadée, ils ont contribué à ce que je devienne la femme que je suis aujourd’hui. On ne peut pas oublier les blessures psychologiques, émotionnelles, corporelles parfois, que la PMA nous a données. Je reste convaincue aussi que mon parcours PMA conditionne la maman que je suis et que je ne serais pas la même maman si j’étais tombée enceinte en 2 ou 3 cycles. Je réalise la chance énorme que j’ai d’être maman et d’avoir mes deux enfants dans ma vie. Alors, oui, parfois, il m’arrive de râler sur mes enfants ou de me plaindre, comme toutes les mamans. Même si, avouons-le, quand on est une maman venant de la PMA (une PMette), c’est mal vu de se plaindre de ses enfants (« Quoi ? Tu oses te plaindre après tout ce parcours ? Tu oses te plaindre alors que des femmes comme toi n’arrivent pas à avoir d’enfant ? Sois heureuse, toi, tu as réussi. Tu les as voulu, tu les as eus.»)

Cependant, quand je regarde mes enfants, je vois toujours le chemin parcouru (même 7 ans plus tard) et je les aime encore plus fort. Ce combat a fait que j’ai une relation très forte avec eux, je les ai attendus si longtemps. Ils sont ma fierté, ma raison de vivre, ma priorité absolue. Ils connaitront leur histoire sans tabou. Je n’ai aucune honte, aucune gêne à dire que ce sont des bébés éprouvettes, que je suis une maman fivette. C’est une histoire d’amour, car il en faut énormément pour passer les étapes de la PMA.

Avec cet article, j’aimerais que la PMA ne soit plus taboue, que les couples osent en parler, que l’entourage arrête d’être maladroit et sache ce qu’il se passe quand un couple est en PMA. J’aimerais aussi que les informations données lors des cours d’éducation à la sexualité soient plus précises et complètes (mon SOPK aurait pu être diagnostiqué bien plus tôt si j’avais été informée car, non, ce n’est pas normal d’avoir très mal au ventre durant ses règles ou d’avoir une grosse prise de poids lorsqu’on devient réglée.) Tout ceci c’est important d’en parler parce que, avouons-le, tomber enceinte sur son 1er cycle, c’est quand même relativement rare, je pense.

Si vous avez un couple en parcours PMA dans votre entourage, évitez les phrases comme « c’est dans ta tête », « arrête d’y penser », elles font plus de mal qu’autre chose. Demandez plutôt comment la personne se sent physiquement, émotionnellement. Demandez-lui si elle a besoin de quelque chose. Ne minimisez pas son parcours, sa douleur. Le parcours PMA est fait de plein de deuils difficiles à franchir parfois : le deuil du bébé fait sous la couette (et donc l’entrée en PMA), le deuil du bébé hôpital (avec les inséminations), le deuil du bébé éprouvette (pour les FIV), le deuil du bébé biologique et, parfois, le deuil de la parentalité tout simplement. Si la personne ne veut pas en parler, soyez juste présent.e quand elle aura besoin d’une épaule. Si elle refuse de venir à une fête, un repas… où il y a des enfants et/ou des femmes enceintes, ne lui en voulez pas. Elle se protège tout simplement. Dites-lui que vous comprenez, sans la culpabiliser.

Force et courage à toutes les superwomans en parcours PMA, j’espère de tout cœur que la victoire sera bientôt dans vos bras.

Mélodie Bardin

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